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  1. Napoleon Games avait initialement remporté la concession pour quinze ans
  2. Viage a contesté l'attribution devant le Conseil d'État
  3. L'enquête judiciaire constitue un dossier distinct
  4. Philippe Close et Anderlecht étaient déjà au centre du débat politique
  5. D'autres éléments de l'offre d'ECK ont également posé question
  6. La Ville de Bruxelles doit désormais choisir comment poursuivre
  7. Viage ne veut pas d'une simple prolongation de sa concession actuelle
  8. 286 emplois sont directement concernés
  9. Une concession de 750 millions d'euros importante pour les finances bruxelloises
  10. Napoleon Games n'a pas automatiquement perdu au profit de Viage
  11. Trois dossiers différents se superposent désormais
  12. Le calendrier devient peut-être le principal problème
  13. La concession du casino de Bruxelles entre dans sa phase la plus incertaine
Le dossier de la concession du casino de Bruxelles vient de franchir une nouvelle étape, beaucoup plus sensible.

Après la suspension par le Conseil d'État de la décision de la Ville d'attribuer la future concession à ECK, la société derrière Napoleon Games, le parquet de Bruxelles a désormais ouvert une enquête judiciaire à la suite d'une plainte anonyme.

Cette enquête concerne une possible prise illégale d'intérêts et est actuellement ouverte contre X. La police fédérale doit effectuer différentes vérifications. À ce stade, le parquet ne communique pas davantage sur le contenu du dossier et aucune personne n'a été publiquement désignée comme suspecte.

Le calendrier rend la situation particulièrement délicate. La concession actuelle de Casinos Austria International Belgium, qui exploite le Grand Casino Brussels sous la marque Viage, prend fin le 31 décembre 2026. Le nouvel exploitant devait normalement entrer en fonction dès le 1er janvier 2027.

À moins de trois mois de cette échéance, ni Napoleon Games ni Viage ne disposent donc de certitude sur l'identité de l'opérateur qui exploitera le plus grand casino du pays l'année prochaine.

Napoleon Games avait initialement remporté la concession pour quinze ans

Le 17 juillet 2026, la Ville de Bruxelles avait choisi ECK, la société derrière Napoleon Games, pour exploiter le futur casino.

La concession devait durer quinze ans à partir du 1er janvier 2027 et sa valeur avait été officiellement estimée à environ 750 millions d'euros hors TVA sur l'ensemble de la période. Compte tenu de ce montant, la procédure devait respecter les règles belges et européennes relatives aux concessions publiques.

Napoleon Games devait ainsi succéder à Viage, qui exploite le casino de Bruxelles depuis 2010.

Ce changement aurait constitué une évolution majeure dans le paysage belge des casinos. ECK est déjà actif à travers Napoleon Games et le casino de Knokke-Heist, tandis que Viage a développé à Bruxelles un important complexe réunissant casino, restauration et divertissement au cœur de la capitale.

Mais le changement d'exploitant n'est jamais devenu définitif.

Viage a contesté l'attribution devant le Conseil d'État

Casinos Austria International Belgium, la société exploitant Viage, avait terminé derrière ECK et a contesté la décision de la Ville devant le Conseil d'État.

Le 31 août 2026, la juridiction administrative a suspendu l'attribution.

Le Conseil d'État a relevé plusieurs difficultés dans la manière dont la Ville avait évalué les offres. La motivation ne permettait pas de vérifier suffisamment clairement comment l'ensemble des éléments prévus dans le cahier des charges avaient été pris en compte.

La juridiction a également soulevé des interrogations concernant certains partenariats présentés dans l'offre d'ECK. Certains éléments considérés dans l'évaluation comme de véritables partenariats ou engagements semblaient davantage reposer sur des lettres de recommandation émanant notamment d'organisations ou de clubs sportifs.

Une autre difficulté concernait l'application des règles européennes sur les subventions étrangères susceptibles de fausser le marché intérieur. Selon le Conseil d'État, les obligations liées à ce cadre européen n'avaient pas été correctement respectées au cours de la procédure.

La suspension n'a pas pour effet d'attribuer automatiquement la concession à Viage. Elle oblige en revanche la Ville de Bruxelles à revoir la manière dont elle souhaite poursuivre la procédure.

L'enquête judiciaire constitue un dossier distinct

Le dernier rebondissement dépasse désormais le seul contentieux administratif.

Le parquet de Bruxelles a confirmé fin septembre avoir reçu une plainte anonyme ayant conduit à l'ouverture d'une enquête pour une éventuelle prise illégale d'intérêts contre X, ce qui signifie qu'aucun suspect nommé publiquement n'est actuellement désigné.

La police fédérale est maintenant chargée d'effectuer des vérifications complémentaires.

Cette distinction est essentielle.

La procédure devant le Conseil d'État porte sur la légalité et la motivation de l'attribution de la concession. L'enquête du parquet concerne des faits susceptibles, le cas échéant, de relever du droit pénal.

À ce stade, les informations publiques ne permettent ni d'affirmer qu'une infraction a été commise ni d'identifier les personnes éventuellement visées par les investigations.

Philippe Close et Anderlecht étaient déjà au centre du débat politique

Avant même l'annonce de l'enquête judiciaire, le rôle du bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, administrateur indépendant et bénévole du RSC Anderlecht, avait déjà suscité des interrogations politiques.

Napoleon Games est un partenaire commercial d'Anderlecht, ce qui a conduit plusieurs élus d'opposition à poser la question d'un éventuel conflit d'intérêts dans le dossier de la concession.

Philippe Close a toujours rejeté cette interprétation. Il affirme qu'il n'existe aucun conflit d'intérêts et souligne que le Conseil d'État n'a pas fondé sa décision de suspension sur cette question.

La presse a parallèlement rapporté que l'offre d'ECK prévoyait notamment 3,8 millions d'euros sur quinze ans pour un programme social utilisant le football afin d'accompagner des jeunes issus de quartiers défavorisés. Il avait aussi été indiqué précédemment que le parquet considérait d'abord les interrogations concernant Philippe Close comme relevant davantage de la déontologie que du pénal. Rien ne permet toutefois d'affirmer que la nouvelle plainte anonyme le concerne directement.

Il serait donc incorrect de présenter l'enquête actuellement ouverte comme une enquête visant personnellement Philippe Close.

D'autres éléments de l'offre d'ECK ont également posé question

La controverse autour du marché dépasse d'ailleurs largement la seule question des liens avec Anderlecht.

Parmi les éléments ayant suscité des interrogations après l'arrêt du Conseil d'État figure notamment l'engagement d'ECK de transférer à Bruxelles certains serveurs liés à ses activités de jeux en ligne.

Un tel transfert pourrait apporter à la capitale une activité économique supplémentaire et, potentiellement, de nouvelles recettes fiscales. Mais selon les informations publiées, cet élément aurait joué dans l'évaluation alors qu'il ne figurait pas clairement comme critère distinct dans le cahier des charges.

C'est précisément l'un des principes au cœur du raisonnement du Conseil d'État : une concession publique doit être évaluée selon des critères annoncés à l'avance.

Une proposition peut être commercialement intéressante sans pour autant pouvoir bénéficier de points supplémentaires si l'élément concerné ne faisait pas partie du cadre d'évaluation initial.

La Ville de Bruxelles doit désormais choisir comment poursuivre

Depuis la suspension, la Ville est contrainte de déterminer la suite de la procédure.

Elle peut procéder à une nouvelle évaluation des offres recevables avec une motivation juridiquement plus solide, revoir certains éléments de la procédure ou chercher une autre solution permettant d'assurer la continuité des activités après l'expiration de la concession actuelle.

L'échevine Nawal Ben Hamou a indiqué en septembre que la Ville n'excluait pour l'instant aucune option.

Le problème est que Bruxelles ne dispose pas de plusieurs mois pour résoudre le dossier.

La concession actuelle prend fin le 31 décembre.

Et comme l'exploitation d'un casino nécessite non seulement une concession communale mais également les autorisations requises en matière de jeux de hasard, une solution de dernière minute devient de plus en plus complexe à mesure que l'échéance approche.

Viage ne veut pas d'une simple prolongation de sa concession actuelle

Une solution apparemment simple consisterait à laisser Viage poursuivre temporairement son activité pendant que la Ville revoit la procédure.

Viage a toutefois indiqué ne pas vouloir continuer sur la base d'une simple prolongation de la concession existante.

Dans une lettre rendue publique par la presse, son CEO Pierre Stuyck a estimé qu'une prolongation ne résoudrait pas les problèmes relevés par le Conseil d'État. Viage demande plutôt une nouvelle analyse objective, transparente et non discriminatoire de l'ensemble des offres recevables.

Cette position augmente encore la pression sur la Ville.

Sans nouvelle attribution juridiquement valable ou accord spécifique avec l'exploitant actuel, Bruxelles pourrait se retrouver au 1er janvier 2027 sans opérateur clairement désigné pour le casino.

286 emplois sont directement concernés

Le contentieux ne concerne désormais plus uniquement les opérateurs de jeux et la Ville de Bruxelles.

Il touche directement 286 travailleurs de Viage.

Le personnel a manifesté en septembre afin d'obtenir des réponses sur son avenir après le 31 décembre. Les effectifs comprennent notamment des croupiers, du personnel d'accueil, des travailleurs de l'horeca, des agents de sécurité et de nombreuses fonctions de support, représentant plusieurs dizaines de nationalités.

Les conséquences économiques pourraient également dépasser ces emplois directs.

Viage affirme collaborer avec plusieurs centaines de fournisseurs, dont de nombreuses entreprises bruxelloises. Certains partenaires auraient déjà reporté des projets faute de visibilité sur la poursuite des activités après la fin de l'année.

La concession concerne donc bien plus que les seules tables de jeu.

Une concession de 750 millions d'euros importante pour les finances bruxelloises

Les enjeux financiers sont également considérables pour la Ville.

La concession a été évaluée à 750 millions d'euros sur quinze ans, tandis que les redevances pourraient, selon les estimations publiées, rapporter plus de 10 millions d'euros par an à Bruxelles.

Le casino est également un important pôle de divertissement du centre-ville. Sur le boulevard Anspach, Viage combine les jeux de casino avec des restaurants, des bars et des événements.

Une interruption des activités à partir de janvier aurait donc des conséquences financières, sociales et opérationnelles qui dépasseraient largement la seule question du titulaire de la concession.

Napoleon Games n'a pas automatiquement perdu au profit de Viage

Un point mérite d'être clairement distingué dans le débat actuel.

La décision du Conseil d'État ne signifie pas que Viage a remporté la nouvelle concession.

Elle signifie que la décision attribuant celle-ci à ECK ne peut pas rester en vigueur dans sa forme actuelle.

C'est désormais à la Ville de trouver une manière juridiquement solide de reprendre la procédure.

ECK peut toujours rester en lice si les offres sont réévaluées et qu'une nouvelle décision conforme aux règles est prise. Viage peut également sortir renforcé d'une nouvelle analyse.

À ce stade, aucun de ces scénarios n'est garanti.

Trois dossiers différents se superposent désormais

La complexité du dossier tient au fait que plusieurs questions distinctes évoluent désormais en parallèle.

Il existe d'abord un contentieux administratif sur la manière dont les offres ont été évaluées et justifiées.

S'y ajoute un débat politique et déontologique autour des relations entre responsables publics, football et entreprises impliquées dans la procédure.

Enfin, une enquête judiciaire a désormais été ouverte après une plainte anonyme et reste, pour l'instant, dirigée contre X.

Ces différents volets peuvent comporter des éléments communs, mais ils ne doivent pas être confondus.

Le Conseil d'État s'est prononcé sur la procédure d'attribution. Des responsables politiques ont soulevé des questions de conflit d'intérêts. Le parquet effectue maintenant des vérifications après le dépôt d'une plainte.

Aucun de ces éléments ne permet à lui seul de conclure à l'existence d'une infraction pénale commise par une personne identifiée.

Le calendrier devient peut-être le principal problème

Les recours autour de grandes concessions publiques ne sont pas exceptionnels.

Ce qui rend le dossier bruxellois particulièrement délicat est surtout l'échéance extrêmement proche.

La concession actuelle de Viage expire le 31 décembre 2026. La suivante devait commencer dès le lendemain et courir pendant quinze ans.

La Ville doit donc, en très peu de temps, respecter l'arrêt du Conseil d'État, garantir l'équité de la procédure, tenter de préserver la continuité du casino et apporter des réponses aux 286 salariés concernés.

Le tout doit désormais être géré alors qu'une enquête judiciaire distincte est également en cours.

La concession du casino de Bruxelles entre dans sa phase la plus incertaine

Il y a encore quelques mois, l'avenir du casino de Bruxelles semblait pourtant réglé.

ECK et Napoleon Games avaient obtenu la nouvelle concession de quinze ans et devaient remplacer Viage à partir du 1er janvier 2027.

Cette certitude a complètement disparu.

Le Conseil d'État a suspendu l'attribution après avoir relevé plusieurs faiblesses dans l'évaluation. Viage refuse une simple prolongation de sa concession actuelle. Des centaines d'emplois restent dans l'incertitude et le parquet a maintenant ouvert une enquête à la suite d'une plainte anonyme.

Pour la Ville de Bruxelles, l'enjeu ne consiste donc plus seulement à déterminer si Napoleon Games ou Viage doit exploiter le casino.

Il s'agit désormais de trouver, avant minuit le 31 décembre, une solution capable de résister au contrôle juridique, de préserver autant que possible la continuité de l'activité et d'apporter enfin de la visibilité aux salariés, aux exploitants et à la capitale.