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  1. Le parquet ouvre une information judiciaire contre X
  2. Le Conseil d’État suspend l’attribution à Napoleon Games
  3. Philippe Close et les liens avec Anderlecht alimentent la polémique
  4. Viage face à l'échéance du 31 décembre
  5. Une décision européenne attendue fin octobre
  6. L’avenir de 286 travailleurs toujours en suspens
  7. Un dossier qui soulève des questions sur la gouvernance du secteur
Le dossier de la concession du casino de Bruxelles connaît un nouveau rebondissement. Après la suspension de l’attribution à Napoleon Games par le Conseil d’État, le parquet de Bruxelles a ouvert une information judiciaire à la suite d’une plainte anonyme. À moins de trois mois de l’échéance de la concession actuelle, l’incertitude demeure entière pour Viage et ses 286 travailleurs. De nouvelles discussions sur une éventuelle prolongation auraient toutefois repris début octobre.

Le parquet ouvre une information judiciaire contre X

La procédure concernant l’avenir du casino de Bruxelles ne se limite désormais plus au contentieux administratif.

Le 28 septembre, le parquet de Bruxelles a confirmé avoir ouvert une information judiciaire pour une possible prise d’intérêt, à la suite du dépôt d’une plainte anonyme.

L’enquête est menée contre X et des vérifications ont été confiées à la police fédérale.

À ce stade, le ministère public n’a donné aucune précision supplémentaire sur les faits visés ni sur les personnes éventuellement concernées. Aucun suspect n’a été publiquement désigné.

Il convient donc de ne pas confondre l’ouverture de cette enquête avec la constatation d’une infraction. Les investigations doivent précisément permettre de déterminer si des faits susceptibles de constituer une infraction pénale ont été commis.

Cette nouvelle étape vient néanmoins compliquer un dossier déjà marqué par plusieurs contestations juridiques et politiques.

Le Conseil d’État suspend l’attribution à Napoleon Games

Le 17 juillet 2026, la Ville de Bruxelles avait décidé de confier la prochaine concession du casino à ECK, la société derrière Napoleon Games.

L’opérateur devait succéder à Casinos Austria International Belgium, qui exploite actuellement l’établissement sous la marque Viage.

Prévue pour débuter le 1er janvier 2027, la nouvelle concession porte sur une durée de quinze ans et représente une valeur économique estimée à environ 750 millions d’euros hors TVA.

La décision de la Ville n’a cependant pas été acceptée par l’exploitant sortant.

Arrivé derrière ECK lors de l’évaluation des offres, Viage a introduit un recours devant le Conseil d’État, contestant notamment la motivation du choix effectué par le collège communal.

Dans son arrêt, la juridiction administrative relève plusieurs insuffisances dans l’évaluation des candidatures.

La motivation présentée par la Ville ne permet notamment pas de vérifier suffisamment si tous les éléments prévus dans le cahier des charges ont été correctement pris en compte.

Le Conseil d’État pointe également des difficultés concernant certains partenariats mentionnés dans l’offre d’ECK. Des lettres de recommandation auraient notamment été appréciées comme s’il s’agissait d’engagements fermes.

Enfin, la procédure n’aurait pas respecté certaines obligations découlant du règlement européen relatif aux subventions étrangères susceptibles de fausser la concurrence.

Cette suspension ne signifie pas que Viage remporte automatiquement la concession. Elle oblige en revanche la Ville à revoir la manière dont elle entend poursuivre la procédure.

Philippe Close et les liens avec Anderlecht alimentent la polémique

Le dossier a également pris une dimension politique en raison des relations entre Napoleon Games, le RSC Anderlecht et le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close.

Ce dernier siège au conseil d’administration du club de football en qualité d’administrateur indépendant et bénévole. Napoleon Games compte pour sa part parmi les partenaires commerciaux importants du RSCA.

Ces liens ont suscité des interrogations au sein de l’opposition communale concernant un éventuel conflit d’intérêts lors de l’attribution de la concession.

Philippe Close a toujours rejeté ces accusations. Il a notamment rappelé que le Conseil d’État n’avait pas fondé sa décision de suspension sur un conflit d’intérêts le concernant.

Selon des informations publiées par L’Echo, l’offre d’ECK prévoyait également 3,8 millions d’euros sur quinze ans pour un programme d’insertion sociale par le football, destiné à des jeunes issus de quartiers bruxellois défavorisés.

La présence d’autres partenaires liés à Anderlecht dans le projet a également retenu l’attention.

Cette affaire intervient dans un contexte où les relations entre les opérateurs de jeux de hasard et les clubs de football belges font déjà l’objet de nombreux débats.

Il faut néanmoins distinguer ces interrogations politiques de la procédure pénale actuellement en cours.

Rien ne permet d’affirmer, sur la base des informations publiques disponibles, que la plainte anonyme vise personnellement Philippe Close ou qu’elle porte nécessairement sur les faits évoqués dans le débat communal.

Viage face à l'échéance du 31 décembre

Au-delà de ces procédures, une question reste particulièrement urgente : qui exploitera le casino de Bruxelles à partir du 1er janvier 2027 ?

La concession actuelle de Viage arrive à échéance le 31 décembre 2026.

L’établissement, situé sur le boulevard Anspach, au cœur de Bruxelles, constitue l’un des principaux complexes de jeux et de divertissement du pays.

Dans un premier temps, Viage s’était opposé à une simple prolongation de sa concession existante.

L’exploitant considérait qu’une telle solution ne permettrait pas de corriger les problèmes juridiques soulevés par le Conseil d’État et risquerait de prolonger l’incertitude.

Il privilégiait plutôt une nouvelle évaluation des candidatures déjà déposées, sur la base des critères prévus dans le cahier des charges.

La situation semble toutefois avoir évolué début octobre.

Selon La Libre, dans un article publié le 6 octobre, la Ville et l’exploitant actuel auraient rouvert les discussions concernant une éventuelle prolongation de la concession.

Aucun accord définitif n’a cependant été confirmé.

Plusieurs possibilités restent donc sur la table : réexaminer les offres existantes, relancer une procédure de concession ou trouver une solution transitoire permettant de maintenir les activités après le 31 décembre.

Une décision européenne attendue fin octobre

Le dossier comporte également une dimension européenne qui pourrait peser sur le calendrier.

La réglementation relative aux subventions étrangères, dont l’application a été mise en cause par le Conseil d’État, impose certaines obligations dans le cadre de procédures économiques de cette importance.

Selon les informations communiquées par le syndicat Synova après une rencontre avec la Ville, et rapportées par La Libre, une décision de la Commission européenne concernant la procédure serait attendue le 28 octobre 2026.

Cette échéance pourrait contribuer à clarifier la suite du dossier.

Elle ne garantit toutefois pas qu’un nouvel exploitant pourra être désigné immédiatement. La Ville devra encore prendre une décision juridiquement valable, conformément aux règles belges et européennes.

Le calendrier reste donc particulièrement serré.

L’avenir de 286 travailleurs toujours en suspens

Les conséquences de cette incertitude se font également sentir au sein du personnel.

Au total, 286 travailleurs de Viage sont directement concernés par l’avenir de la concession. Parmi eux figurent notamment des croupiers, des employés de l’horeca, des agents de sécurité et du personnel administratif.

En septembre, plusieurs travailleurs ont manifesté devant le centre administratif de la Ville de Bruxelles pour réclamer des garanties sur la continuité des activités et sur leur emploi.

Une éventuelle fermeture temporaire du casino pourrait compliquer la reprise du personnel par un futur exploitant.

Les conséquences pourraient également toucher les fournisseurs et les entreprises qui travaillent régulièrement avec l’établissement.

L’enjeu dépasse ainsi largement la rivalité entre Napoleon Games et Viage. Il concerne aussi l’emploi, les activités économiques liées au casino et la capacité de la Ville à organiser une transition sans interruption.

Un dossier qui soulève des questions sur la gouvernance du secteur

L’affaire du casino de Bruxelles met en évidence la complexité du cadre dans lequel évoluent les grands opérateurs de jeux de hasard en Belgique.

La concession accordée par une commune et les licences délivrées dans le cadre de la réglementation belge des jeux de hasard répondent à des exigences différentes.

L’obtention d’une concession ne dispense donc pas un opérateur de satisfaire aux conditions nécessaires pour exploiter légalement un casino.

Comme nous l’avions expliqué lors du lancement de la procédure de concession du casino de Bruxelles pour 2027, le choix du futur exploitant aura des conséquences importantes pour le secteur des casinos terrestres et pour les activités en ligne qui leur sont associées.

Chez CasinoRating, nous estimons que la transparence des procédures, le respect du cadre légal et la protection des joueurs doivent rester des critères essentiels dans la gestion du secteur.

L’information judiciaire devra suivre son cours sans préjuger des responsabilités éventuelles. Parallèlement, la Ville devra répondre aux critiques formulées par le Conseil d’État et assurer autant que possible la continuité des activités.

À l’approche du 31 décembre, la question ne se résume donc plus à savoir si Napoleon Games ou Viage exploitera le casino de Bruxelles. Il s’agit désormais de trouver, dans les délais, une solution juridiquement solide qui permette d’éviter une interruption des activités et de donner enfin des perspectives claires aux 286 travailleurs concernés.