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  1. Le jeu en ligne représente désormais près de 60% du marché belge
  2. Une année difficile pour les établissements B+ et les cafés
  3. Le nombre de nouveaux joueurs sur les sites légaux chute de 43%
  4. Les joueurs belges se tournent-ils vers les casinos illégaux ?
  5. La Commission intensifie sa lutte contre les sites illégaux
  6. Un marché solide, mais un équilibre de plus en plus fragile
Le marché réglementé des jeux de hasard en Belgique a généré 1,62 milliard d’euros de revenu brut des jeux en 2025, un montant pratiquement inchangé par rapport à l’année précédente. Cette stabilité apparente cache pourtant des évolutions importantes. Les casinos en ligne continuent de progresser, tandis que plusieurs secteurs terrestres perdent du terrain. Dans le même temps, le nombre de nouveaux joueurs sur les sites agréés chute fortement, ce qui suscite des inquiétudes quant à l’attrait croissant des plateformes illégales.

Le jeu en ligne représente désormais près de 60% du marché belge

D’après le rapport annuel de la Commission des jeux de hasard, le marché belge réglementé a généré 1,621 milliard d’euros de revenu brut des jeux (GGR) en 2025, soit une légère baisse de 0,07% par rapport à 2024.

Derrière ce résultat presque identique se cachent toutefois deux tendances opposées. Le GGR des jeux et paris en ligne a progressé de 5,41%, pour atteindre 964,5 millions d’euros. À l’inverse, les établissements terrestres ont enregistré une diminution de 7,17%, à 656,1 millions d’euros.

Le jeu en ligne représente ainsi 59,51% du marché réglementé belge, contre 56,42% un an plus tôt.

Ce sont principalement les casinos en ligne légaux en Belgique qui tirent cette croissance. Les opérateurs titulaires d’une licence A+ ont vu leur GGR progresser de 12,99%, passant de 490,4 à 554,1 millions d’euros. Ils concentrent désormais 58% des revenus de l’ensemble du marché belge des jeux en ligne.

Les neuf casinos terrestres ont également enregistré une progression, avec un GGR de 152,3 millions d’euros, en hausse de 5,85%.

En réunissant leurs activités physiques et leurs sites A+, le secteur des casinos atteint 706,4 millions d’euros, soit une augmentation de 11,37% en un an.

Une année difficile pour les établissements B+ et les cafés

Tous les segments du marché ne suivent cependant pas cette évolution.

Les salles de jeux automatiques disposant d’une licence B et leurs plateformes en ligne B+ ont vu leur GGR cumulé reculer de 8,90%, à 350,5 millions d’euros.

La diminution est particulièrement marquée sur Internet. Les revenus des sites B+ ont chuté de 13,66%, pour atteindre 165,8 millions d’euros. Une situation qui contraste fortement avec la croissance des casinos A+.

Les cafés connaissent également une nouvelle année difficile. Les revenus générés notamment par les bingos et les autres appareils autorisés ont baissé de 17,77%, à 196 millions d’euros.

Le nombre de licences C actives poursuit lui aussi sa diminution. La Belgique en comptait encore 3.992 fin 2025, contre 4.272 un an auparavant.

Le secteur des paris résiste mieux. Son GGR total a légèrement augmenté de 0,92%, à 367,6 millions d’euros. Là encore, la croissance provient exclusivement d’Internet, où les revenus progressent de 5,18%. Les activités terrestres enregistrent quant à elles une baisse de 6,60%.

Le nombre de nouveaux joueurs sur les sites légaux chute de 43%

Au-delà des résultats financiers, l’un des constats les plus marquants concerne la fréquentation des sites de jeux légaux en Belgique.

En 2025, 528.706 personnes ont joué au moins une fois sur une plateforme de jeux ou de paris réglementée. Elles étaient encore 602.288 en 2024, soit une diminution de plus de 12%.

Mais c’est surtout le nombre de nouveaux joueurs qui interpelle.

La Commission n’en a recensé que 110.032 en 2025, contre 193.342 un an plus tôt. Cela représente une chute d’environ 43%.

Le relèvement de l’âge légal pour jouer en Belgique de 18 à 21 ans, entré en vigueur en septembre 2024, explique une partie de cette évolution. En 2024, les 18-20 ans représentaient encore plus de 33.000 nouveaux joueurs.

Cette mesure ne suffit toutefois pas, selon la Commission des jeux de hasard, à expliquer l’ampleur du recul.

Un autre chiffre mérite d’ailleurs d’être souligné : malgré la diminution du nombre total de joueurs, la moyenne quotidienne de joueurs actifs en ligne a augmenté de 3%, pour atteindre 160.144.

Autrement dit, les plateformes agréées attirent moins de nouveaux joueurs et accueillent moins de personnes différentes sur l’année, mais leur fréquentation quotidienne reste soutenue.

Les joueurs belges se tournent-ils vers les casinos illégaux ?

C’est précisément ce qui inquiète la Commission des jeux de hasard.

Une baisse du nombre de joueurs sur les sites réglementés ne signifie pas nécessairement que la pratique du jeu recule dans les mêmes proportions. Certains joueurs pourraient simplement se diriger vers des casinos en ligne illégaux, qui échappent aux contrôles imposés aux opérateurs belges agréés.

Une enquête réalisée en 2025 auprès de 1.000 personnes âgées de 18 à 30 ans vient renforcer ces préoccupations.

Parmi les personnes interrogées, 53% déclaraient avoir récemment participé à un jeu de hasard. Parmi celles ayant joué, 28% indiquaient avoir utilisé un site illégal.

Autre résultat préoccupant : 39% des jeunes interrogés âgés de 18 à 20 ans affirmaient continuer à jouer malgré le passage de l’âge minimum à 21 ans.

Ces résultats concernent uniquement l’échantillon étudié et ne peuvent donc pas être généralisés à l’ensemble de la population belge. Ils mettent néanmoins en évidence les difficultés rencontrées pour maintenir les joueurs dans un environnement réglementé.

La Commission intensifie sa lutte contre les sites illégaux

Face à cette situation, la lutte contre les sites de jeux illégaux en Belgique est devenue une priorité pour la Commission des jeux de hasard.

En 2025, son service de contrôle a réalisé 9.842 contrôles, dont 9.500 à distance.

Une part importante de ce travail concernait les publicités pour des plateformes illégales diffusées sur les réseaux sociaux. La Commission a notamment transmis 8.528 signalements à Meta, en particulier pour des annonces utilisant de faux profils ou usurpant l'identité et les marques d'opérateurs belges agréés.

Le régulateur a également revu sa stratégie à l’égard des sites illégaux.

Plutôt que de privilégier les sanctions financières, souvent difficiles à faire appliquer lorsque les exploitants sont établis à l’étranger, la Commission mise davantage sur le blocage des sites, les listes noires et la coopération avec les acteurs techniques d’Internet.

Son partenariat avec DNS Belgium doit notamment permettre d’intervenir plus rapidement contre les plateformes illégales qui utilisent des noms de domaine belges.

Ces efforts se heurtent toutefois à un problème persistant : le manque de personnel. Fin 2025, le secrétariat de la Commission ne disposait en pratique que de 33,4 équivalents temps plein, alors que son plan de personnel prévoit 57 postes.

Un marché solide, mais un équilibre de plus en plus fragile

Le marché belge des jeux de hasard reste donc stable en valeur, mais sa structure continue d’évoluer. Les casinos en ligne renforcent leur position, tandis qu’une grande partie des établissements terrestres connaissent une baisse de leurs revenus.

Pourtant, au-delà des chiffres financiers, c’est surtout la diminution de 43% du nombre de nouveaux joueurs sur les plateformes réglementées qui retient l’attention.

Les restrictions introduites ces dernières années peuvent expliquer une partie de cette évolution. Mais elles ne permettent pas de déterminer si les personnes qui quittent le marché légal ont réellement arrêté de jouer ou si elles se tournent vers d’autres plateformes.

Pour la réglementation belge des jeux de hasard, le véritable enjeu ne consiste donc pas uniquement à renforcer les interdictions. Il s’agit également de préserver un marché légal capable de retenir les joueurs et de leur offrir les garanties prévues par la loi.

Chez CasinoRating, nous considérons que la distinction entre opérateurs agréés et plateformes illégales doit rester au cœur de cette réflexion. La protection des joueurs est essentielle, mais elle perd une grande partie de son efficacité lorsque ceux-ci quittent l’environnement réglementé.

Tout l’enjeu pour la Belgique sera donc de renforcer la protection des joueurs sans favoriser, involontairement, leur migration vers une offre illégale qui échappe à cette protection.