Un schéma structurel, pas des cas isolés
Pourquoi les décideurs parlent d’un problème systémique
Le football belge reste fortement lié à l’industrie des jeux de hasard. Malgré un durcissement progressif des règles en matière de publicité, une large majorité des clubs de première division continuent d’afficher une marque liée aux jeux comme sponsor principal.
Pour la saison 2025–26 de la Pro League belge, environ 10 clubs sur 16 présentent un sponsor qui est un marque dérivée d’un opérateur de jeux agréé. Du point de vue réglementaire, cette concentration n’est plus perçue comme accidentelle, mais comme structurelle. Elle influence de plus en plus l’évaluation politique de l’efficacité du cadre légal actuel.
Des opérateurs de jeux aux marques médias dérivées
Une visibilité réduite sur le papier, maintenue dans les faits
Si la publicité directe pour les jeux de hasard sur l’avant des maillots a été formellement restreinte, la visibilité du secteur n’a pas disparu du football belge. Elle s’est déplacée vers des structures de branding indirectes, conçues pour rester techniquement conformes.
Parmi les exemples les plus courants :
Ces marques ont rarement une valeur économique autonome. Leur fonction principale est la continuité de l’exposition, et non la rentabilité. Pour les décideurs, cela renforce l’idée que la publicité n’a pas été réduite, mais reconfigurée.
Pourquoi l’ampleur prime sur la légalité formelle
Dix clubs pèsent plus politiquement qu’un seul contrat
Pris isolément, la plupart de ces partenariats peuvent être défendus juridiquement. Pris ensemble, ils racontent une autre histoire.
Lorsque la majorité d’un championnat national de premier plan reste commercialement liée à des marques de jeux, les responsables politiques ont du mal à y voir une adaptation de bonne foi. De plus en plus, cela est interprété comme la preuve que les interdictions partielles sont structurellement inefficaces.
Un marché dominé par de grands groupes internationaux
Pourquoi les acteurs belges de petite taille sont marginalisés
Un effet souvent négligé de ces pratiques concerne la structure du marché. Seuls les grands groupes internationaux disposent des moyens nécessaires pour créer et maintenir des écosystèmes de sous-marques complexes qui :
- fonctionnent à perte,
- ne génèrent aucun revenu direct de jeu,
- et existent principalement à des fins publicitaires.
Les opérateurs belges de plus petite taille ne peuvent pas se permettre de telles plateformes parallèles ou marques purement visibles. Résultat : les stratégies de zone grise favorisent la taille plutôt que la culture de conformité.
Ironiquement, cette dynamique va à l’encontre de l’un des objectifs initiaux de la régulation : préserver un marché équilibré et localement ancré. En pratique, les pratiques borderline accélèrent la concentration du marché au profit de groupes multinationaux.
Pourquoi cela alimente une réaction politique
De la régulation à l’escalade
Pour les décideurs, cette évolution est profondément problématique : les marques liées aux jeux restent très visibles. Cette situation est politiquement explosive.
Elle explique en grande partie pourquoi les propositions actuelles dépassent largement la question du sponsoring et visent désormais les fondements mêmes du jeu, notamment via des fermetures nocturnes des plateformes en ligne. Il ne s’agit pas d’idées abstraites, mais de réponses de représailles à un système perçu comme contourné.
Optimisation à court terme, dégâts à long terme
Pourquoi les stratégies de contournement vieillissent mal
Sur le plan commercial, les marques indirectes offrent une stabilité temporaire aux clubs et une visibilité continue aux opérateurs. Sur le plan politique, le coût augmente rapidement.
Lorsque les responsables estiment que la loi ne parvient pas à réduire l’exposition au jeu, la réponse n’est généralement pas l’ajustement fin, mais le resserrement brutal. Les périodes transitoires disparaissent, la flexibilité s’efface et le contrôle se durcit.
Un signal d’alerte pour l’écosystème belge des jeux
La culture de conformité dépasse désormais la créativité juridique
La domination des sponsors liés aux jeux dans le football belge n’est plus perçue comme un effet transitoire. Elle est de plus en plus présentée comme la preuve que le modèle actuel ne fonctionne pas.
Du point de vue de Casinorating, le message est clair :
la conformité borderline peut faire gagner du temps, mais elle légitime des interventions plus sévères et des restrictions plus profondes.
la conformité borderline peut faire gagner du temps, mais elle légitime des interventions plus sévères et des restrictions plus profondes.
Dans le climat politique actuel, les solutions créatives deviennent des passifs — et la prochaine étape réglementaire pourrait laisser bien moins de marge de manœuvre.