Trois ex-salariés poursuivis pour fraude interne
Le casino évoque un préjudice supérieur à 40 000 euros
Le Casino de Chaudfontaine est au cœur d’une affaire de fraude interne impliquant trois anciens collaborateurs. Peu après leur engagement, ils auraient exploité une faille technique dans le traitement des valeurs de jeu afin de s’approprier des plaques de forte valeur.
Selon l’établissement, les faits auraient entraîné une perte financière estimée à plus de 40 000 €, ce qui a conduit à l’ouverture d’une procédure devant le tribunal correctionnel de Liège.
Une démonstration inhabituelle au tribunal
Du matériel de casino utilisé pour expliquer les faits
Afin d’exposer clairement le mécanisme présumé, le casino a opté pour une approche peu commune en audience : une véritable table de jeu, équipée de son système de tri automatique, a été présentée au tribunal.
Cette démonstration visait à illustrer comment un dispositif conçu pour sécuriser la circulation des valeurs peut être détourné lorsque des employés disposent d’un accès direct et d’une connaissance précise des procédures internes.
Une faille dans le circuit des plaques de grande valeur
Des plaques bloquées hors du flux normal
Dans les casinos, les jetons classiques et les plaques correspondant aux mises élevées suivent des circuits distincts. Les plaques d’une valeur de 1.000 € ou plus ne sont normalement jamais introduites dans les trieuses automatiques.
L’enquête révèle toutefois que, lorsqu’elles y étaient insérées par erreur, ces plaques ne ressortaient pas avec les jetons, mais restaient coincées à l’intérieur de la machine — une anomalie qui aurait été identifiée puis exploitée par les prévenus.
Un procédé simple mais répété
Récupération différée des plaques dissimulées
D’après l’accusation, l’un des employés laissait volontairement passer plaques et jetons ensemble, tandis qu’un complice revenait ultérieurement pour récupérer les plaques bloquées dans la trieuse.
Sans sophistication technique particulière, cette méthode aurait pu être répétée discrètement, permettant d’accumuler progressivement des montants significatifs sans déclencher immédiatement d’alerte.
Transformation des plaques en argent liquide
Un client régulier utilisé comme intermédiaire
Pour convertir les plaques détournées, les trois hommes auraient sollicité un habitué du casino, chargé d’effectuer les échanges au guichet. En échange, cet intermédiaire conservait une commission avant de rejouer les sommes dans l’établissement.
Malgré son rôle présumé, cet intermédiaire n’est pas poursuivi dans la procédure actuellement examinée par le tribunal.
Découverte rapide grâce aux contrôles internes
Une anomalie détectée lors d’une maintenance
La fraude n’aurait duré que quelques jours. Lors d’une intervention technique de routine à la mi-août 2024, un technicien découvre des plaques à un endroit où elles n’auraient jamais dû se trouver.
Cette découverte déclenche une analyse approfondie des images de vidéosurveillance, lesquelles auraient permis d’identifier clairement l’implication des trois employés concernés.
Un montant contesté devant le tribunal
La défense remet en cause l’évaluation du préjudice
Si le casino affirme avoir subi un dommage de plus de 40 000 €, la défense conteste ce chiffre. Les avocats estiment que les preuves comptables sont insuffisantes et que le nombre réel de plaques détournées serait bien inférieur.
Ils soulignent également la situation personnelle des prévenus, tous sans antécédents judiciaires, déjà confrontés à la perte de leur emploi et à une suspension temporaire de droits sociaux.
Réquisitions modérées du ministère public
Une décision attendue en février
Le parquet a opté pour une approche mesurée en requérant des peines de travail, laissant au tribunal le soin d’en fixer la durée. Le jugement est attendu au cours du mois de février.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les enjeux de sécurité interne auxquels restent confrontés les casinos terrestres, même dans des environnements fortement réglementés.