L’opérateur belge renforce sa position financière, cible le casino de Bruxelles et prépare un tournant actionnarial

 Le groupe liégeois Gaming1 affiche des ambitions inédites en visant 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans. Porté par une santé financière solide et une possible recomposition de son actionnariat, l’opérateur entend accélérer son développement en Europe tout en se positionnant sur des dossiers stratégiques comme la concession du casino de Bruxelles.

Une solidité financière remarquable

Une structure robuste qui permet d’envisager une croissance ambitieuse

Gaming1 envoie un signal fort au marché. Le groupe a récemment procédé à une réduction de capital de 150 millions d’euros au bénéfice de ses actionnaires, une opération rare en Belgique qui témoigne de sa solidité financière.

Malgré cette distribution, l’entreprise conserve plus de 500 millions d’euros de capital, preuve d’une structure particulièrement robuste. Cette performance s’inscrit dans une dynamique de croissance continue, avec un chiffre d’affaires attendu autour de 500 millions d’euros en 2025, dont près de 40 % réalisés à l’international.

Depuis l’entrée du fonds CVC Capital Partners en 2021, Gaming1 a changé de dimension, passant d’un acteur national dominant à un groupe structuré pour conquérir de nouveaux marchés.

Objectif : 1 milliard d’euros de revenus

Une stratégie centrée sur six marchés clés en Europe de l’Ouest

L’ambition est désormais clairement affichée : doubler de taille et devenir un acteur de référence en Europe.

Pour y parvenir, Gaming1 a recentré sa stratégie sur six marchés prioritaires : la Belgique, les Pays-Bas, la France, la Suisse, le Portugal et le Luxembourg. Cette phase de consolidation devrait s’achever d’ici fin 2026.

Le défi reste toutefois de taille. Le groupe évolue encore à une échelle inférieure à celle des géants du secteur comme Kindred Group, Flutter Entertainment ou Entain, dans un marché européen estimé à plus de 120 milliards d’euros.

Dans ce contexte, la performance technologique et la capacité à s’imposer sur le digital seront déterminantes.

La sortie de CVC en préparation

Un tournant stratégique pour l’avenir du groupe

Autre enjeu majeur : la probable sortie du fonds CVC à horizon un à deux ans.

Plusieurs scénarios sont envisagés, comme une introduction en bourse, l’arrivée d’un partenaire industriel ou celle d’un nouveau fonds d’investissement. En parallèle, les familles fondatrices affichent leur volonté de reprendre le contrôle du groupe afin de privilégier une vision à long terme.

Cette recomposition de l’actionnariat sera déterminante pour la suite du développement de Gaming1.

Une ambition stratégique à Bruxelles

Le casino de la capitale au cœur des opportunités

En parallèle de son expansion internationale, Gaming1 reste attentif à son marché domestique.

Le groupe a confirmé analyser le dossier de la concession du casino de Bruxelles, relancée via un appel d’offres européen. Ce contrat est estimé à 750 millions d’euros sur 15 ans et est actuellement exploité par Viage.

Cette démarche illustre la volonté de Gaming1 de renforcer sa présence physique en complément de ses activités en ligne, dans une logique omnicanale assumée.

Une régulation belge sous pression

Concurrence illégale et fiscalité au cœur des préoccupations

Malgré ses ambitions, Gaming1 pointe les limites du cadre réglementaire belge.

Le groupe appelle à davantage de stabilité fiscale et à un environnement plus compétitif. Il met notamment en avant la montée des opérateurs illégaux, très actifs sur les réseaux sociaux, qui échappent aux contraintes imposées aux acteurs licenciés par la Commission des Jeux de Hasard.

Dans ce contexte, la canalisation des joueurs vers l’offre légale reste un enjeu majeur, d’autant plus que le digital constitue désormais le principal moteur de croissance du secteur.

Un tournant décisif pour Gaming1

Le groupe se positionne pour changer de dimension en Europe

Gaming1 entame une nouvelle phase de son développement.

Entre ambitions européennes, évolution de son actionnariat et positionnement sur des actifs stratégiques comme le casino de Bruxelles, le groupe se donne les moyens de franchir un cap.

Reste à savoir si l’environnement réglementaire belge lui permettra de rivaliser pleinement avec les leaders internationaux… et de concrétiser son ambition de devenir un acteur majeur du jeu en Europe.